Le forum sur la prévention de la violence familiale qui a lieu le 30 avril 2016


 

Le 30 avril 2016, au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta situé au 8406, rue Marie-Anne Gaboury, a eu lieu un forum communautaire sur le thème « la prévention de la violence familiale ». Ce forum était organisé par l’Alliance Jeunesse-Famille de l’Alberta Society (AJFAS) en partenariat avec le Campus Saint-Jean et le Centre d’accueil et d’établissement (CAE).

Les objectifs du forum communautaire :

 

  • Favoriser des échanges libres entre les hommes, les femmes et les jeunes pour un meilleur engagement dans la prévention de la violence familiale ;
  • Initier des discussions entre les hommes, les femmes et les jeunes pour identifier des stratégies gagnantes en vue de prévenir la violence familiale ;
  • Favoriser des échanges entre les hommes, les femmes et les jeunes sur les facteurs de la promotion du bien-être et de l’autonomie des femmes ;
  • Présenter le cadre stratégique de prévention de la lutte contre la violence familiale ;
  • Faire le diagnostic des facteurs de risques de la violence familiale ;
  • Réfléchir ensemble sur les moyens de protection de la violence familiale au sein des familles francophones de la communauté africaine.

Résultats attendus :
  • Les hommes, les femmes et les jeunes de la communauté africaine francophone expriment librement leurs opinions et sont engagés dans la prévention de la violence familiale ;
  • Des stratégies gagnantes sont identifiées pour prévenir la violence familiale ;
  • Les facteurs de la promotion du bien-être et de l’autonomie des femmes de la communauté africaine francophone sont connus ;
  • Le cadre stratégique de prévention de la lutte contre la violence familiale dans  la communauté africaine francophone est connu par les hommes, les femmes et les jeunes;
  • Les facteurs de risques de la violence familiale dans la communauté africaine francophone sont répertoriés;
  • Lesmoyens de prévention et de protection de la violence familiale au sein des familles francophones de la communauté africaine sont identifiés ;
  • Des recommandations sur la prévention et la protection de la violence familiale au sein des familles francophones africaines sont faites. 

Le présent rapport rend compte des différentes articulations du forum communautaire :
les allocutions et exposés (I), des  discussions en atelier (II). Par ailleurs, il présente des recommandations (III) des suites des échanges, notamment à l’AJFAS et au gouvernement dans la prévention  de la violence familiale. 
des  discussions en atelier (II). Par ailleurs, il présente des recommandations (III) des suites des échanges, notamment
à l’AJFAS et au gouvernement dans la prévention 
de la violence familiale. 

I-  Allocutions et Exposés

 

I - 1 Allocutions

 

Après le mot de bienvenue de la modératrice Mme  Chantal Londji Dang, Présidente de la Fondation Madeleine Sanam,  celle-ci a présenté M. Luketa  M’Pindou, le Directeur Général de l’AJFAS très engagé dans les affaires communautaires.

M. Luketa M’Pindou, prenant la parole, a salué la présence des représentants du gouvernement,  des membres des autres structures et les participants  présents tout en les remerciant  pour leur appui. Il a brièvement présenté l’AJFAS, projet qui travaille en collaboration avec les femmes, les jeunes et les hommes à travers des programmes de développement social, de promotion des besoins éducatifs et de protection des communautés africaines francophones afin de prévenir les risques de la violence familiale et de la violence sexuelle.


Aussi, a-t-il présenté les membres du comité consultatif de ce nouveau projet financé par l’Alberta Health Services ainsi que la nouvelle recrue Madame Becoin Regina, agente communautaire dudit projetÀ sa suite, M. David Shepherd, MLA d’Edmonton-Centre, Représentant du gouvernement a fait son allocution. Prenant la parole, M. David Shepherd a insisté sur la nécessité de faire face à la violence familiale accrue dans la communauté albertaine.  Il a également encouragé l’AJFAS dans cette initiative car selon ses termes « la violence familiale peut frapper tout le monde ». Pour lui, la contribution de tous est importante dans la lutte contre la violence familiale en Alberta. Par ailleurs, il a souligné qu’un travail d’une telle ampleur ne pouvait se faire qu’avec les partenaires engagés, pour trouver des mécanismes et des solutions afin de travailler en harmonie avec les acteurs directs de la cellule familiale à savoir : les parents et les jeunes. Le député fédéral d’Edmonton-Centre a soutenu ses propos par le fait que l’Alberta est au 4e rang dans la classification des provinces touchées par la violence familiale. Aussi, est-il conscient que tous les cas ne sont pas reportés à la police en raison de la barrière linguistique.


L’année dernière, l’Alberta a investi un montant considérable pour augmenter les maisons de refuges. Le gouvernement est par ailleurs heureux de financer l’AJFAS qui est plus proche des communautés et qui saura, avec leur collaboration, mieux cibler et affronter le problème de la violence familiale. Il a précisé que le gouvernement reconnait que la violence familiale est « un problème qui affecte les communautés marginalisées, les gens n’ont pas de connaissance et d’outils et parfois la barrière linguistique peut jouer ».

I - 2 Exposés

 

Le forum communautaire organisé par l’AJFAS a regroupé une quarantaine de participants (voir annexe1) de la communauté africaine francophone d’Edmonton. Les participants présents ont bénéficié des interventions du Docteur Adamiatou Konaté, Vice-présidente de l’association des femmes Ivoiro-canadiennes et de Madame Kristin Raworth, de Community Engagement, Advisor Family and Community Safety, Alberta Human Services sur les thèmes suivants :

  1. Comment promouvoir le bien-être et l’autonomie des femmes africaines francophones.
  2. Présentation du cadre stratégique pour prévenir la violence familiale en Alberta

 

La phase des exposés de ce forum a démarré avec l’intervention du Docteur Adamiatou Konaté.  Spécialiste dans son domaine, elle est intervenue pour éclairer les participants sur les moyens de prévention du bien-être et de l’autonomie des femmes africaines francophones en Alberta. Le thème de son intervention était : Comment promouvoir le bien-être et l’autonomie des femmes africaines francophones? Dans son exposé, elle a relevé les points importants, surtout en matière de ressources humaines que représentent les femmes francophones d’origine africaine. En plus d’une autonomie financière, les femmes ont besoin de reconstituer leur réseau familial et social, a-t-elle souligné pour contrer le sentiment d’isolement. La société africaine de type patriarcal où l’homme pourvoit aux besoins de sa famille, fait en sorte que le chef de famille, dès son arrivée au Canada, doit se trouver un emploi. Tandis que la femme reste cantonnée au rôle affectif de femme au foyer et de mère, ce qui limite ses relations avec l’environnement extérieur et accentue son isolement social. Dans son développement, elle a insisté sur le fait que dans ce nouvel environnement qui fait la promotion de l’égalité des genres, les incompréhensions peuvent survenir dans le foyer. Tout au long de son exposé, Docteur Konaté a souligné aussi l’importance d’avoir des statistiques pour démontrer l’étendue du problème. Elle admet qu’il y a une souffrance et une lutte pour que les femmes immigrantes aient une vie meilleure.


Pour elle, les facteurs de risques tels que : le nouvel environnement, la non reconnaissance ou encore la sous-estimation des compétences des femmes africaines francophones constituent un frein réel à l’épanouissement et à l’autonomie des femmes africaines francophones qui sont reléguées à un rôle purement affectif ; et résoudre ce problème ne passe que par la volonté des femmes africaines elles-mêmes.


Présentation du cadre stratégique pour prévenir la violence familiale en Alberta

Le deuxième exposé a été animé par Mme Kristin Raworth du Community Engagement Advisor Family and Community Safety de l’Alberta Human Services. Dans son exposé, elle a expliqué aux participants le cadre stratégique du gouvernement dans lequel s’inscrit le projet de l’AJFAS pour prévenir la violence familiale en Alberta.

Ce cadre s’ inscrit dans le programme Alberta Framework to end Family violence in Alberta, Human services business plan 2015-2018L’an dernier le gouvernement a sorti le plan de la promotion de la santé et mis l’accent sur les facteurs positifs et non négatifs. Laisser le langage négatif comme les menaces pour se concentrer sur le langage positif de sensibilisation.

Le gouvernement ne fait pas seulement la prévention, mais a un autre programme « Victimes support outreach » qui a du succès et qui est offert à travers l’Alberta aux Autochtones et aux Immigrants. Selon les statistiques, le gouvernement « a desservi plus de 1700 personnes au travers de ce programme l’an passé. Ce nombre a doublé et passé à 55 en 2014 et comprend aujourd’hui plus de 140 communautés » Spécialiste dans le domaine de la violence familiale, sexuelle, la violence et les abus envers les enfants, Madame Raworth a relevé 5 éléments stratégiques clés dans le cadre de travail pour mettre fin à la violence familiale. Ces stratégies  sont résumées dans  la présentation Powerpoint remis aux participants au cours du forum à savoir :


  • Renforcer les efforts pour prévenir la violence familiale à toutes les étapes de la vie ;
  • Améliorer les services, le soutien et l’intervention de la justice pour les victimes et les délinquants ;
  • S’associer et développer un plan d’action avec diverses communautés de l’Alberta ;
  • Promouvoir la sécurité de la famille et de la communauté grâce à la politique, la législation et l’engagement du public ;
  • Évaluer, mesurer et prouver le succès.

 « Nous avons le taux le plus élevé de violence familiale au Canada et nous avons aussi de la force dans nos communautés et des éléments positifs sur lesquels nous pouvons travailler et nous souhaitons apprendre d’autres communautés » a-t-elle précisé. Elle a terminé ses propos en exprimant son souhait et son intérêt à travailler avec l’ensemble de toutes les communautés dans le futur. 

I -  Discussions en Atelier

 

L’AJFAS a voulu au cours de ce forum réunir autour d’une table les hommes, les femmes et les jeunes.

Ce forum a été l’occasion pour l’AJFAS d’analyser avec la communauté africaine francophone en atelier, les facteurs de risques et les mécanismes pour la prévention de la violence familiale. Repartis en 3 groupes de discussion, les participants ont réfléchi sur deux thèmes :

 

Thème 1 : << les facteurs de risques de violence familiale auprès des familles  africaines francophones>>

 

Il était question dans cette discussion d’amener tous les groupes et chaque participant (homme, femme et jeunes) à voir au niveau de sa communauté, les éléments qui favorisent la violence familiale.

Le groupe 1 présidé par Adèle a relevé comme facteurs :

  1. Le manque d’emploi
  2. Les changements culturels
  3. Les changements de milieu qui causent le stress
  4. Les finances
  5. Le manque de communication entre parents et enfants
  6. Les droits légaux
  7. Le manque de ressources
  8. L’isolement
  9. La mauvaise influence
  10. La santé mentale

 

Dans le groupe 2 représenté par Dicky Dikamba, il a tenu à préciser que le débat était très chaud car les hommes étaient en situation minoritaire dans leur groupe. Les facteurs de risques énumérés par le groupe 2 sont les suivants :

  1.  Les facteurs sociaux culturels (ex : la société nous amène à reconsidérer les choses) ;
  2. Le contrôle et le pouvoir au sein de la cellule familiale (ex : la femme reste à la maison, l’homme est absent à l’école ;
  3. L’autonomie financière (les femmes reçoivent beaucoup plus d’argent et cela leur donne plus des ailes) ;
  4. Le stress de la vie quotidienne ;
  5. La mauvaise interprétation du rôle de la femme.

 

Le  groupe 3 présidé par madame Rita Tsiluba a mis l’accent sur :


  1.  L’incompréhension familiale qui est dû à un changement d’environnement. Selon les explications : « Notre origine s’appelle l’environnement, les enfants des années 50 et 60 ont été éduqués par les multinationaux. Au canada, les enfants sont dirigés dans les lieux d’adaptation et cela crée des contradictions. La mère vient aussi avec une autre mentalité. Il y a des contrastes dans la famille ;
  2. Le manque de communication dans la famille qui peut créer des tensions et causer de la violence familiale ;
  3. Le choc des valeurs et les mésententes entre les hommes et les femmes (ex : le père veut s’imposer et la maman doit l’accepter) ;
  4. Le manque d’acceptation de la société d’accueil ;
  5. La situation financière qui peut occasionner des conflits ;
  6. Le manque d’équilibre au niveau du travail et de la famille ;
  7. La responsabilité familiale (ex: On se partage les responsabilité
  8. L’isolement des femmes (ex : les femmes ne savent pas où aller en cas de détresse) ;
  9. Les responsabilités vis-à-vis des familles qui sont restées au pays (les obligations familiales comme l’envoi d’argent pour aider la famille restée en Afrique) 
  10. Les droits des femmes méconnues (les femmes ont une dignité et ne doivent pas être considérées comme des  moindres.

Thème 2 :  Les facteurs de protection auprès des familles

Pour briser le cycle de la violence familiale au sein de la communauté africaine francophone, les participants au forum communautaire ont fait un remue-méninge afin de développer ensemble des outils et des stratégies de prévention et d’éducation des communautés francophones d’origine africaine sur la violence familiale. Ainsi, la deuxième étape des activités des groupes de discussion consistait à proposer des facteurs de protection afin d’éviter les facteurs de risques de violence familiale qu’ils ont énumérés.

 

Dicky Dikamba (représentant du groupe 1) a voulu que la problématique de la violence familiale soit définie de prime abord afin de permettre aux groupes de proposer des solutions appropriées. Toutefois, une participante de leur groupe a indiqué qu’il y avait 4 formes de violence notamment : la violence physique, émotionnelle, financière et sexuelle. Ajouté à cela, Monsieur Ali Rachid, Directeur du centre d’information juridique en français est intervenu pour définir le terme de violence familiale au sens juridique. Pour lui, les violences verbales, physiques et sexuelles sont les fréquentes causes de divorce dans les familles. C’est une série d’actes répétitifs qui se caractérise par la montée de tension et aboutit à la violence. Il a donc encouragé la médiation et souligné qu’il faut toujours recourir à la médiation familiale avant d’aller au tribunal. Toutefois, il a aussi encouragé aussi la médiation au niveau communautaire. Comme solutions aux facteurs de risques de la violence familiale, les groupes ont relevé respectivement :


Groupe 1 :


  1. Créer des groupes de discussions
  2. Créer des activités sociales pour les femmes
  3. Sensibiliser les groupes de femmes
  4. Sensibiliser sur la diversité culturelle ex : les agences qui prennent des décisions sur la violence familiale doivent comprendre la diversité culturelle des immigrants afin de mieux intervenir
  5. Trouver un terrain d’entente (proposer la gestion de changement)
  6. Promouvoir l’équilibre des cultures (reconnaissance des diplômes)

 

Groupe 2 :


  1. Permettre l’adaptation des nouveaux arrivants et la famille d’accueil doit les accueillir à bras ouvert. En d’autres termes il faut créer le jumelage et le parrainage pour les nouveaux arrivants ;
  2. Donner accès à des informations et des ressources sur la famille (donner la formation et l’information) ;
  3. Assurer une bonne communication ;
  4. S’intégrer par étape (petit à petit) ;
  5. Aider à l’adaptation avec les institutions (ex : les écoles, le projet espoir) ;
  6. Lutter contre la pauvreté dans les familles (la reconnaissance des acquis, il faut mener des actions pour reconnaître le diplôme des immigrants ;
  7. Accepter les changements pour s’adapter dans le nouvel environnement
  8. Mettre en place des programmes d’haltes garderies et des centres pour les adolescents

 

Groupe 3 :


  1. Le dialogue
  2. L’adaptation aux nouvelles valeurs
  3. La transparence dans la gestion financière
  4. La vertu (ex : harmoniser les conditions de vie de nos familles)
  5. La tolérance
  6. La patience
  7. L’écoute active de l’autre
  8. Le brisement de l’isolement des femmes
  9. La création des haltes garderies
  10. La création d’un réseau de networking pour les femmes (ex : les femmes doivent se connecter et s’entraider)
  11. La sensibilisation aux ressources disponibles pour les parents (comment passer le message)
  12. L’ouverture d’esprit pour apprendre les nouvelles choses de la communauté d’accueil
  13. Les ressources ou des programmes comme des sites web consacrés aux femmes et aux hommes.

 

Après l’intervention des 3 groupes de discussion, la modératrice Chantal Londji Dang a fait la synthèse les points communs relevés dans les différents groupes. À la lumière des discussions, les facteurs de risques que nous retrouvons dans les 3 différents groupes sont les suivants »:


  1. Le renversement du rôle familial
  2. Les finances (autonomie financière, la transparence)
  3. Le problème de communication
  4. L’isolement
  5. Le manque d’équilibre
  6. Le manque de ressources
  7. La santé mentale et émotionnelle des femmes isolées
  8. Les droits de la femme (les revendications)
  9. Le contrôle (qui contrôle quoi dans le foyer, il fallait redéfinir qui allait faire quoi).


Conclusion :

 

Le forum communautaire a permis à l’AJFAS de mieux appréhender les facteurs de risques et les mécanismes de prévention de la violence familiale dans la communauté africaine francophone. L’intérêt démontré par les participants aux différents exposés et groupes de discussions a rendu ce forum très enrichissant et participatif. En effet, il a aussi posé les bases des prochaines étapes à mener au cours de ce projet. Le DG a exprimé son assurance en ce qui concerne la collaboration et de l’implication des partenaires tels que : Access,  John Howard Society, Multicultural Health Broker, le centre de Bien-être et de prévention des immigrants canadiens, le comité consultatif, la communauté ethno-culturelle dans son ensemble pour le succès de ce  projet. Celui-ci n’a pas oublié de rappeler que parler des agences communautaires revient aussi à parler aussi des communautés religieuses. Selon ses termes pour réussir dans ce projet il nous faut aussi collaborer avec les toutes les églises, les pasteurs des églises ethnoculturelles, les Imams, les hommes et les garçons en s’alliant avec eux afin de s’attaquer aux causes profondes de la violence familiale. Ainsi, la nouvelle Intervenante Sociale et Familiale du projet Becoin Regina sera en contact permanent avec toutes les personnes concernées. Avant de mettre fin à ses propos, il a encore une fois remercie tous les partenaires présents et les participants pour ces échanges fructueux et a rassuré ceux-ci de la prise en compte des recommandations dans l’exécution du projet. Aussi, les prochaines étapes à suivre leurs seront communiquées ultérieurement et il s’agira essentiellement de :


    • Mettre en place des activités qui vont contribuer à changer les attitudes qui mènent à la violence envers les femmes, les filles et les enfants.
    •  Favoriser et soutenir des approches adaptées à la culture mises en place par l’Alliance Jeunesse-Famille de l’Alberta Society.
    • Collaborer avec toutes les communautés religieuses (en mettant l’accent sur les hommes et les garçons dont la participation est nécessaire pour contrer la violence familiale).

 

Documents d'archives

 


L’AJFAS, en collaboration avec Catholic Social Services représenté par Mary Fiakpui, a organisé, durant 10 fins de semaines des activités pour les familles immigrantes francophones vivant à Edmonton en Alberta. Ces activités réalisées sous forme d’ateliers, chaque samedi après-midi, ont commencé le 28 janvier 2012 par un mot de présentation du thème qui est Family violence par Mary Fiakpui. L’orientation des ateliers est devenue francophone et le thème principal fut la prévention de la violence familiale. Sans prétendre avoir épuisé le sujet qui est vaste et touche plusieurs aspects de la vie d’une famille, des sous thèmes ont servi d’orientation pour animer les ateliers du 28 janvier au 7 avril 2012. Sensibiliser, faciliter l’accès à l’information et prévenir le milieu ethnoculturel sur certaines actions ou attitudes qui dans la société d’accueil sont catégorisées comme de la violence fut le but de ces ateliers. Ces derniers se sont déroulés dans les locaux de l’Institut Guy Lacombe de la Famille à la Cité francophone. Les enfants étaient pris en charge par des gardiennes avisées. Le samedi 4 février, il y a eu deux intervenantes. La première Mme Véronique Tshimungu a présenté  la violence familiale entre mari et femme. Et Mme Marcelle Milolo a, parlé de la violence familiale entre parents et enfants. Elles ont eu toutes les deux à dégager la différence entre discipline et violence dans leurs groupes respectifs.


La violence, l’affaire de tout le monde de Maher, Jean-Pierre est un documentaire que le Professeur Paulin Mulatris a utilisé pour introduire son sujet intitulé les raisons qui incitent une personne à abuser de l’autre le samedi 11 février. Le film a mis l’accent sur l’inégalité qui est une source de violence. Celle-ci peut-être entre l’homme et la femme, l’adulte et le jeune, le riche et le pauvre ou aussi entre deux cultures. Quand cette inégalité touche le partage (bien matériel ou autre), cela cause de la violence. Ainsi la personne frustrée par cette inégalité a toutes les raisons de devenir abuseur.


Le 18 février, Mme Jeannette Muzinga est venue expliquer les genres de violence qui obligent les services sociaux à retirer la garde d’enfants auprès des parents biologiques. Elle a relevé que parmi les raisons qui motivent les familles à venir au Canada il y a le bien-être des enfants. Mais, arrivé au Canada,  ils constatent avec regret que l’autorité sur la sécurité des enfants a été confiée aux services sociaux qui ne tiennent pas compte des cultures d’origine pour comprendre certains comportements affichés par ces familles immigrantes. Ces services sociaux agissent sans ménagement et souvent au détriment des parents concernés.


Le 25 février, le Pasteur Samy Mukadi a expliqué comment intégrer la culture de la communauté immigrante dans celle de la société d’accueil sans heurt tout en respectant les droits et obligations de la société Albertaine parce que  le choc entre ces deux cultures génère aussi de la violence familiale dans le milieu ethnoculturel. Il y a lieu de noter qu’en Alberta, la particularité c’est la langue d’usage qui est l’anglais. Certains immigrants n’ont pas la maitrise de l’anglais ceci constitue une barrière pour beaucoup et provoque leur isolement. Or, l’anglais étant un des éléments de la culture canadienne, il est important de chercher à le maîtriser. En plus, les participants ont eu à noter, que vivant dans la société Albertaine, ils sont tenus de se conformer aux exigences de cette dernière même s’ils tiennent à valoriser leur culture, aspect qui n’est pas interdit tant que cela ne va pas à l’encontre des lois du pays.

 

Le 03 mars, le Pasteur René Tshibula a présenté  les sortes de violence connues et leurs conséquences dans une famille africaine. Il a souligné que la violence familiale n’est pas seulement physique mais aussi émotionnelle et verbale. Dans la société Albertaine tout ce qui peut perturber la paix, provoquer la peur ou amener une personne à craindre pour sa vie, sa sécurité est en rapport avec la violence.  Le débat qui s’en est suivi a permis à un participant de reconnaitre que certains de ses gestes quotidiens étaient de la violence verbale face à sa femme. Il a promis de s’amender.


Le 10 mars Mr. Arthémon Rurangwa de l’AJFAS a mis l’accent sur les réalités et les stéréotypes de la violence familiale dans le milieu ethnoculturel. Il a montré comment la culture canadienne a banni certains comportements qui sont encore acceptés dans les milieux ethnoculturels immigrants notamment le non-respect ou le peu de considération de la femme. Il a souligné que la femme s’intègre facilement par rapport à l’homme au sein de la société canadienne. La première accepte des travaux que l’homme refuse de faire tenant compte de ce qu’il était au pays, situation qui n’est pas facile à gérer car la source de revenu revient désormais à la femme.


Le 17 mars, le constable Marc-André Amyotte de la police d’Edmonton a expliqué les circonstances qui amènent la police à intervenir dans une violence familiale. Les participants ont saisi cette opportunité pour poser toutes les questions concernant la violence familiale ainsi que toute autre intervention de la police dans les familles immigrantes car les rumeurs sur l’intervention de la police ne lui étaient toujours pas profitables. Le constable a pu donner satisfaction aux participants qui ont tenu à la fin de l’atelier de faire des photos avec lui.  Le 31 mars fut le rendez-vous des juristes de l’AJEFA. Maitre Raj Vanchard, de Red Deer mais représentant l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta, accompagné de Mme Isabelle a circonscrit ce que dit la loi sur la violence familiale. Bien qu’il y ait plusieurs lois sur la violence familiale, il en a dégagé celles qui pouvaient intéresser la communauté immigrante pour son vécu quotidien. Il ressort de tout cet échange que c’est la loi provinciale qui est la référence lors d’une quelconque controverse et non la culture des concernés.


Le 7 avril, jour de compensation pour le 24 mars date à laquelle la communauté congolaise était en deuil, a été le dernier jour de ces ateliers. Jean Walrond a parlé sur le thème International day of elimination of racism. Elle a tenu a souligné que la race noire doit se prendre en charge, organiser et conserver les ressources concernant son histoire afin de permettre aux générations montantes de rester engagées dans la lutte pour se faire accepter.


Finalement, Mary Fiakpui a clôturé les assises en remerciant les intervenants. Les participants ont apprécié les thèmes connexes qui touchaient à leur vécu quotidien ce qui leur a permis de cerner cette réalité qu’est la violence familiale en Alberta. En effet, Cette problématique non seulement influence négativement la vie des membres de la communauté immigrante mais rend leur intégration difficile dans la société d’accueil.

Véronique Tshimungu

 


 

La célèbration  Noël

----------------------------------- Le samedi 10 décembre 2010, l’ACFA régionale d’Edmonton, l’Alliance-Jeunesse Famille de l’Alberta Society, l’Institut Guy-Lacombe de la famille, le Centre d’accueil et d’établissement du nord de l’Alberta et la Cité francophone ont organisé l’évènement « la Cité de Noël ». C’était une fête principalement conçue pour les enfants mais les parents y ont trouvé aussi leur compte, car sur les activités prévues, certaines étaient faites pour eux. Au programme pour les enfants, il y avait la visite du Père Noël et la prise de photo avec lui, la collation, le clown, le maquilleur et la tombola. Le Père Noël qui était au niveau de la Rotonde, avait amené dans son traineau, des cadeaux pour tous les groupes d’âge de 0 à 12 ans. Il s’est fait accompagner de la mère Noël qui, en tenant compte de l’âge de l’enfant, se chargeait de prendre le cadeau approprié pendant que l’enfant prenait une photo avec le Père Noël. Que cette photo lui ait été remise juste après la prise, ceci a fait toute la différence et le bonheur de la famille toute entière. Pour atténuer les effets d’une longue file d’attente vers le Père Noël, une collation avait été prévue pour rafraichir et redonner un regain d’énergie qui permettait aux enfants de continuer leur randonnée.

Cette collation a été offerte par AJFAS dans le cadre de son partenariat avec L’ACFA. D’autre part, un spectacle était prévu pour rendre l’attente moins longue et éviter ainsi aux gens de s’impatienter. Bien que L’estrade du spectacle était juste en face du Père Noël, il était aussi possible d’admirer les danseurs avant de s’engager dans le petit couloir qui conduisait vers le Père Noël. Le clown quant à lui gonflait les ballons et faisaient des formes que les enfants lui demandaient. Ceux-ci étaient émerveillés de voir leurs désirs concrétisés au travers des ballons de différentes couleurs. En plus du Père Noël et du clown, il y avait aussi un maquilleur et d’autres activités de bricolage devant l’Institut Guy Lacombe. Pour les parents, Il y avait en plus du spectacle, le marché artisanal installé au premier niveau qui offrait plusieurs articles ainsi que la tombola. Le tirage des prix s’est fait vers la fin de la fête et parmi les gagnants, il y avait aussi des enfants.

Parents, grands-parents et enfants ont passé un bel après-midi du 10 décembre chacun, s’étant soucié d’immortaliser ces moments au travers des photos prises ici et là ou des vidéos qui seront revues à la maison avec forces commentaires. Dans sa recherche de l’harmonie au sein des communautés, AJFAS s’est organisé pour donner à tous les enfants ainsi qu’aux parents qui en ont fait la demande un rafraîchissement et un goûter jusqu’à la fin de la Cité de Noël. Cet évènement, qui a fait le bonheur des enfants et qui a permis de lever le rideau sur les temps des fêtes s’est déroulé de 13 à 16 heures à la Cité francophone.