Le document ci-dessous est une archive qui remonte de 2014 


Prairies Forum on Housing, Employment and Mental health

L’Alliance Jeunesse-Famille de l’Alberta Society, Ajfas en sigle, a organisé le vendredi 17 octobre dernier dans la salle de conférence de Shaw Centre sur Jasper Avenue à Edmonton, un forum axé sur le logement, l’emploi et la santé mentale pour les ex. contrevenants de la région de Prairie. Les organisateurs qui attendaient 80 personnes, étaient surpris par l’engouement et l’intérêt qu’avait suscité ce forum, à tel enseigne qu’ils ont été obligés d’accepter certaines personnes qui n’avaient pas pu se faire enregistrer en temps et qui souhaitaient prendre part à ce grand rendez-vous du donner et du recevoir. Les participants sont venus communiquer; apporter leur contribution à la grande réflexion sur la réinsertion des ex-contrevenants dans la société, mais aussi et surtout apprendre. Apprendre les rouages de la machine judiciaire et ses répercussions sur la vie des ex. contrevenants. Et pas seulement, mais aussi ses conséquences sur la société qui les accueille à leur sortie de prison. Mission accomplie peut-on dire car ce forum a connu un franc succès

 

L’Alliance Jeunesse Famille de l’Alberta Society, en collaboration avec Africa Center, ont organisé conjointement un forum communautaire dont le thème est : ‘’Stratégies pour la prévention du crime’’.  Toute la coordination de la journée était entre les mains de Mme Alexandre Mirande comme Master of ceremony (photo ci-contre).  Pour ce qui concerne l’AJFAS, ce n’était pas son premier forum.  Ce qui était nouveau, c’est  sa collaboration avec un autre organisme communautaire non-francophone, AFRICA CENTER.  En effet, même si nous, en tant que nouveaux arrivants parlant des langues différentes, cette collaboration est absolument essentielle, car le fait de parler des langues différentes ne changent rien aux réalités de tous les jours qui sont les mêmes aux Francophones et aux Anglophones. Notre cheminement dans la voie de l’intégration dans notre pays d’accueil, le Canada, aussi bien pour les adultes, les jeunes, les moins jeunes et même les enfants d’origines immigrantes font face aux mêmes défis.   

 

La problématique de la prévention du crime est la clé de toute réussite dans le processus de l’intégration, étant donné que le crime pris dans toute sa dimension prend forme à partir des réalités qu’on ne peut plus taire, surtout qu'on pourrait difficilement les éviter: La discrimination, le racisme, le déni des droits, l’ignorance,  le choc culturel, la crise identitaire, la peur de l’inconnu, etc… Mme Mourani qui s'est spécialisée dans la compréhension du crime des gangs de rue nous a accroché à ses lèvres pendant plus d'une heure de temps.  Voir son profil dédtaillé ci-dessous.   

 

                                                         Sans aucune exagération, ce forum a été un grand succès.  Il y avait plus d'une centaine de personnes qui sont restés toute la journée, de 8 h 30 jusqu'à 15 h 30. Il faut reconnaître que le choix du thème et de la conférencière ont largement contribué à ce succès. En effet, ce n’est pas fréquent de voir une conférence communautaire qui attire autant de participants et qui arrive à les garder toute la journée… Après la présentation de Mme Mourani, il s’en est suivi d’autres allocutions, dont le Représantant du Service Correctionnel Canada, le Représantant de Africa Centre, Mme Linda Duncan, MP, Edmonton Strathcona, M. Stephen Mandel, Maire de la ville d’Edmonton

 

 

La phase de ce forum qui était la plus attendue de la journée était ’’la table ronde’’ où les gens pouvaient s’exprimer librement. Chaque participant(e) était appelé(e) à critiquer, proposer, débattre une suggestion donnée, etc... La porte était ouverte à tous pour donner chacun son point de vue, car la prévention du crime concerne tout le monde.  Pourquoi les jeunes cherchent-ils à joindre les gangs de rue? La voilà la fameuse question qui brûlait toutes les lèvres… Comment prévenir ce danger qui guette  nos adolescents, toutes origines confondues, les plus vulnérables, évidemment, étant les immigrants, pour des raisons que tout le monde sait... Mme Mourani qui est spécialisée dans ce domaine répond à cette question. À la grande surprise de tout  le monde, elle répond en une seule  phrase: " ILS SE CHERCHENT UNE FAMILLE QU'ILS N'ONT PLUS, DANS LES GANGS DE RUE". Il faut avouer que cette réponse a pris tout le monde de court.


Cela vous paraîtra probablement invraisemblable mais c’est pourtant vrai. Souvent, les immigrants arrivent ici avec des jeunes enfants, des teenagers. Au fur et à mesure qu’ils grandissent, souvent à l’absence de leurs deux parents qui doivent travailler beaucoup d'heures jusque tard dans la nuit afin de joindre les deux bouts du mois. Pendant ce temps, leurs enfants se perdent entre les deux... Ils finissent par avoir des situations conflictuelles en famille, puis des ambitions mal dirigées. Devenus jeunes-adultes, surtout les garçons, ils commencent par abandonner l’école, et quittent ensuite leurs noyau famial à la recherche d’une  nouvelle famille. Beaucoup de gens pensent  que ces jeunes gens recherchent de l'argent chez les gangs de rue, mais ce n'est pas toujours le cas. L'argent appartient à leurs boss uniquement, ils le savent.

 

Le comble de misère, c'est qu'il est très facile de s'enrôler dans un gang criminel, mais quasiment impossible de s'en sortir vivant ou à bon compte...!

 

C’est ainsi qu’ils vont atterrir dans les bras des chefs de gangs qui ne demandent que ça. C’est sur cette note qui résonnait comme un coup de marteau dans nos oreilles que notre conférencière a donné le ton à cette journée. Sur la photo ci-contre, M. Trent E. Kane du Service Correctionnel Canada qui a parlé au nom de Mme Brenda Lepage, RDC du SCC pour la Région des Prairies. M. Kane a fortement encouragé ce genre de forum communautaire qui, dit-il, est la seule façon de diversifier les idées et prétendre aux stratégies de prévention du crime. Il assuré aux organisateurs une collaboration continue avec le Service Correctionnel Canada, puisque nous avons compris, dit-il, la nécessité de collaborer avec les communautés ethnoculturelles. 

 

Dans son allocution, Mme Mourani a aussi précisé qu'il existe plusieurs façons de joindre les gangs de rue chez nos jeunes. Les gangs ont des structures assez savamment organisées. Les recrus qui les rejoignent prêtent serment et sont tenus de respecter scrupuleusement la hiérarchie, à la vie et à mort.  Ils ont des Président; ... des Vice-président; ...des Officiers;  ... des Soldats. Ils ont des départements précis où ils affectent les nouveaux venus: "Drug - Human traffiking - Firearm traffiking - Cigarette traffiking - Extortion - Murder - Fraud,  etc...

 

Ci-contre, le Maire de la ville d'Edmonton, Stephen Mandel quand il a pris la parole pour remercier et encourager les organisateurs de ce forum (M. Luketa M'Pindou pour l'AJFAS et Tesfaye Ayalew pour Africa Center).

 

Pour nous donner une idée de l’ampleur du problème, Mme Mourani nous a aussi dit que la Police Anti-Gang a pu recenser au moins 25 gangs de rue criminels actifs à Edmonton seulement, qui comprennent près de 1500 membres;  En Ontario : 175 Gangs actifs (avec plus 5200 membres);  Au Manitoba: 25 Gangs de rue avec plus de 2300 membres. Pour être honnête, la présentation de cette criminologue nous a laissés vraiment bouche-bée. On savait qu’il y a des gangs de rue, mais pas tant que ça....! et surtout pas aussi organisés. Aux parents, elle a donné des recommandations suivantes: - Si vous remarquez que votre enfant commence à porter des T-shirt avec des insignes bizarres, qu’il a tendance à les porter en tout temps, de mettre une marque de souliers qu’il ne change presque pas (généralement de grande marque en vogue), un ou plusieurs des tatoos et percings, une façon de saluer d'autres jeunes avec des signes de ses doigts, de se faire prendre en photos (en hoodies qu'ils apellent cool)…

 

La somme de tout cela devrait vous alerter et vous interpeller sans plus tarder d’en savoir davantage sur les relations dans l'entourage immédiat de votre enfant. Chaquefois qu'il commence à se cacher pour parler à son celullaire, à passer la moitié de la journée dans sa chambre et de rentrer tard le soir, et ne pas manger à la maison..... Vous pouvez vous tromper facilement, mais sachez que ces enfants obtiennent des formations aussi précises que sophistiquées à vous y méprendre. C'est une situation très délicate... Après cette présentation de Mme Mourani qui a vraiment bouleversé toute toute son audience, il y a eu une période de questions, puis des tables rondes ont suivi. J’espère que le groupe qui était chargé de collecter et d’analyser toutes ces idées nous fera parvenir un rapport  complet sur ce dossier, ainsi que des recommandations.

 

 

Ci-dessus: Mme Linda Duncan, MP,  Edmonton Strathcona